Fin septembre 2026, le ministère russe du Développement numérique a présenté une proposition réglementaire majeure dans le projet « Antifraude 3.0 (Антифрод 3.0) ». Celle-ci prévoit de réserver l’activité d’envoi en nombre de SMS aux opérateurs télécoms titulaires d’une licence, excluant ainsi de ce secteur les agrégateurs SMS tiers, qui évoluent aujourd’hui dans une zone grise réglementaire. Le projet de texte doit être soumis à la Douma d’État à l’automne 2026 pour examen.
Le ministère du Développement numérique explique que les activités des agrégateurs ne font pas l’objet d’une surveillance efficace et génèrent des risques de fraude ; le fait de réserver aux opérateurs la faculté d’envoyer des SMS en masse permettrait de réduire les envois de messages illicites, notamment les publicités non conformes.
Selon le dispositif proposé, les agrégateurs tiers ne seront plus habilités à exercer de manière indépendante une activité d’envoi en nombre de SMS. Cette mesure bouleverserait fortement le modèle actuel de la filière A2P SMS en Russie : à l’heure actuelle, une grande partie des SMS d’entreprise transitent par des agrégateurs. Si le texte entre en vigueur, les modalités d’acheminement des SMS A2P par les entreprises s’en trouveront profondément modifiées.
Les entreprises qui exploitent des services de SMS A2P à destination de la Russie doivent anticiper ces évolutions de modèle. Elles pourraient être amenées à se connecter directement aux opérateurs télécoms, ou à ne pouvoir acheminer leurs messages que par des canaux de partenariat officiellement autorisés par ces opérateurs. À ce stade, ces dispositions ne constituent qu’une proposition législative et n’ont pas force de loi. Les acteurs concernés doivent suivre en permanence l’examen du texte par la Douma d’État et évaluer des options d’interconnexion alternatives.
