La décision du TDLC constate l’abus de position dominante de WOM sur le marché des SMS A2P

Le Tribunal de défense de la libre concurrence (TDLC) du Chili a rendu une décision antitrust emblématique en juin 2025. Il a établi que l’opérateur WOM détenait une position dominante sur le marché des services de terminaison des SMS A2P sur son propre réseau, et que la multiplication par 67 des tarifs de gros de terminaison des SMS A2P internationaux constituait un abus de position dominante. Cette affaire crée la référence réglementaire sur les tarifs de gros A2P pour les opérateurs chiliens et encadre les règles de facturation appliquées aux agrégateurs A2P.

Faits clés de l’affaire : plusieurs agrégateurs A2P locaux licenciés ont déposé plainte contre WOM pour avoir augmenté unilatéralement les tarifs de règlement de terminaison des SMS A2P intra‑réseau jusqu’à 67 fois. Des plaintes concernaient également les retards dans l’approbation d’activation des codes courts. Après plusieurs cycles d’instruction judiciaire, le TDLC a confirmé la position dominante de WOM sur le marché de la terminaison de messages sur son réseau. La hausse de prix est qualifiée de tarification excessive sans justification fondée sur les coûts. Les griefs liés aux retards sur les codes courts ne sont pas reconnus comme abus monopolistique.

Mesures issues de la décision : WOM est condamné à une amende de 1312 UTA (environ 1,06 milliard de pesos chiliens) au trésor public. Il est ordonné à WOM d’annuler les factures établies à des tarifs excessifs, de rééditer les documents de règlement sur la base des prix de référence initiaux et de procéder aux ajustements financiers correspondants.

Ce précédent a une forte force contraignante sur tout le secteur. Les tarifs de gros A2P d’Entel, Movistar et Claro servent de référence de marché équitable. La réglementation chilienne impose aux opérateurs de déposer leurs tarifs de terminaison A2P auprès du Parquet économique national (FNE). Les surtarifications discriminatoires à l’encontre des agrégateurs locaux licenciés sont interdites, et les opérateurs ne peuvent pas affaiblir les fournisseurs A2P aval par des hausses de prix arbitraires. Toutes les coopérations par canaux SMPP doivent respecter les règles de marché issues de cette décision antitrust.