La Thaïlande publie huit nouveaux règlements anti-fraude

La Commission nationale de radiodiffusion et de télécommunications de Thaïlande (NBTC) a publié officiellement le 29 août 2025 au Journal royal les Mesures pour la prévention des crimes technologiques par les opérateurs de télécommunications, communément appelées les huit mesures de lutte contre les crimes technologiques. Le texte est entré en vigueur dès sa publication.

Le nouveau règlement impose l’enregistrement obligatoire du Sender‑Name. Tous les SMS A2P sortants ne peuvent utiliser que des identifiants d’expéditeur ayant fait l’objet d’un enregistrement officiel. Les SMS A2P émis par des identifiants non enregistrés seront interceptés et contrôlés. Les entreprises étrangères ne peuvent pas demander directement l’enregistrement des identifiants auprès du régulateur ; elles doivent passer par des prestataires agrégateurs locaux agréés en Thaïlande.

Le règlement impose explicitement aux opérateurs l’obligation de vérification de la sécurité du contenu. Si un SMS A2P contient un lien web, l’opérateur doit vérifier l’authenticité et la validité du lien avant la livraison du message et bloquer les URLs d’hameçonnage et malveillantes. Les opérateurs doivent aussi classer l’ensemble des sources de SMS A2P, distinguer le trafic national du trafic international et déployer des pare-feux SMS pour filtrer le trafic international en temps réel. Pour tous les SMS internationaux provenant de l’étranger qui passent le filtrage, les opérateurs ajoutent les préfixes d’alerte de risque +697 et +698 et activent la fonction de blocage des appels pour les utilisateurs.

Pour la gestion des cartes SIM, un mécanisme de revérification nominale à plusieurs niveaux est appliqué. Les nouvelles cartes SIM doivent achever la vérification d’identité dans les 7 jours. Les cartes SIM enregistrées après le 1er janvier 2024 nécessitent une seconde vérification dans les 90 jours. Les anciennes cartes SIM existantes doivent réaliser la révision des données dans un délai d’un an. Le règlement limite également le nombre de cartes SIM pour les ressortissants étrangers : un étranger peut souscrire au maximum trois cartes SIM par opérateur, sur présentation d’un passeport valide. Les cartes SIM pour touristes ont une durée de validité maximale de 60 jours, non prolongeable par rechargement ; une réinscription est obligatoire à l’expiration.

Les opérateurs de télécommunications doivent mettre en place un dispositif permanent de gestion des risques afin de surveiller en continu les comportements anormaux sur les appels, la localisation et les terminaux. Sur notification du régulateur, les numéros mobiles doivent être suspendus dans les 24 heures, et les autres services de communication fermés au plus tard dans les 3 jours ouvrables. Concernant les équipements matériels, les passerelles et appareils SIM‑Box acceptant quatre cartes SIM ou plus simultanément doivent être déclarés auprès de la NBTC ; les équipements non déclarés sont interdits de connexion aux réseaux télécoms thaïlandais.

Les responsables de la NBTC ont indiqué que les méthodes de fraude évoluent constamment et que le filtrage a posteriori ne permet pas de résoudre le problème à la racine. Les opérateurs doivent appliquer strictement l’ensemble des contrôles et organiser régulièrement des campagnes de sensibilisation publique contre la fraude. Cette politique fait passer la gouvernance du traitement après les faits vers la prévention précoce des risques. Elle définit directement les règles d’accès au marché des SMS A2P thaïlandais et réduit l’espace d’action des réseaux criminels de fraude grâce aux dispositions complémentaires sur les numéros, les équipements et les appels internationaux.